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La suite de la description du Canon 5D Mark IV après quelques mois d'utilisation.

Au début, je ne me rendais pas bien compte si je travaillais avec le Mark III ou le Mark IV, tant les deux appareils sont ergonomiquement similaires. Puis quand la partie supérieure du bouton P/A/S/M du Mark III a laché, ne n'ai plus utilisé que le Mark IV.

Quand il fait très chaud, l'écran LCD du Mark III a tendance à s'éteindre. Plus possible de controler les images, me revoici au temps de l'analogique!

J'ai fait un shooting complet en "analogique" (en tenant le posemètre bien à l'oeil et en évitant les scènes un peu trop contrastées), et toutes les photos étaient bonnes.

Quand on achète un nouvel appareil, on commence par lire le mode d'emploi (cela peut être nécessaire pour naviguer parmi la centaine de menus). Et c'est alors qu'on se rend compte que le Mark III avait pratiquement toutes les fonctions décrites dans le nouveau bouquin...

Le bouton supplémentaire

La version IV a un petit bouton supplémentaire, et je lui ai directement donné une fonction: notament régler la compensation de l'exposition en mode manuel (ouverture et temps de pose fixe, réglage de l'exposition en jouant sur la sensibilité).

Le fait que l'appareil a une plus grande invariance ISO fait que je laisse l'appareil choisir la valeur ISO lui-même, sachant qu'entre 100 et 800 ISO il n'y aura pas de bruit de fond notable. En mode auto-ISO, il n'est toujours pas possible d'aller à 50ISO (uniquement en mode ISO fixe).

Quand on travaille en mode manuel, on règle le temps de pose avec un des boutons rotatifs et l'ouverture avec l'autre. Mais il manque un bouton rotatif pour régler la compensation de l'exposition (auto ISO). Quand on travaille en mode priorité à l'ouverture ou priorité au temps de pose, le second bouton permet de compenser l'exposition.

Images moins brouillées?

Avec la version 3, j'avais tendance à sur-exposer les images ("expose to the right") pour avoir des ombres bien définies. Dans la plupart des cas, une photo sous-exposée ou même exposée correctement a du bruit de fond inadmissible dans les ombres. Le bruit de fond est présent quelle que soit la valeur d'ISO choisie. Et il est pratiquement impossible de récupérer une photo sous-exposée (même en mode RAW).

Pour contrer le bruit de fond important dans les ombres, les parties sombres, mais également les parties peu contrastées sont transformées en bouillie infâme quand on travaille en JPEG. Les cheveux ne forment qu'une masse informe, certains détails dans les vêtements se perdent, etc. C'est le firmware Du 5D MkIII qui réduit le contraste et la netteté dans les parties sombres pour réduire le bruit de fond. Le réducteur de bruit de fond des magnétoscopes VHS fonctionne de la même manière. On aurait aimé un capteur moins bruyant à la place.

Selon les différents sites qui analysent les appareils, la version Mark IV devrait être meilleure sur ce point, mais n'est pas encore à la hauteur du Nikon D810 (sorti juste avant) et surtout pas du Nikon D850. Il faut en tout cas débrancher la fonction de réduction du bruit de fond dans les hautes sensibilités, c'est cette fonction qui produit le lissage prononcé en JPEG. Il est plus aisé de réduire le bruit de fond par après que de tenter d'enlever le lissage.

Dans des situations pratiques, on ne voit pas la différence entre une image prise avec le MkIII et le MkIV (3200 ISO, qui est une valeur normale pour des photos à l'intérieur). Il ne faut donc pas acheter cet appareil pour avoir de meilleures photos si tu utilises un Mark III. Ce n'est que la résolution un peu plus élevée du capteur qui produit des images plus grandes et donc un peu plus détaillées.

Canon 5D Mark III Canon 5D Mark IV

La fonction réduction du bruit de fond dans les hautes sensibilités n'est pas la même fonction que la réduction du bruit de fond avec longs temps de pose: ici l'appareil prend deux photos, une normale, et directement une seconde, avec obturateur fermé et temps de pose identique (cette seconde photo ne contient que le bruit de fond du capteur). Cette fonction doit être enclenchée, tandis que la réduction du bruit de fond doit être déclenchée.

J'ai mis la fonction Automatic Light Optimiser au niveau 1 (faible effet): elle déplace légèrement les ombres vers les tons moyens. Cela correspond en fait à une courbe de gamma un peu plus prononcée, mais les commerciaux aiment bien les noms ronflants (tandis que la courbe de gamma, c'est bien trop technique, je parie qu'après avoir visité la page, vous n'avez toujours pas compris). La fonction automatic light optimiser n'est utile que si les ombres ne sont pas brouillées.

Ah, oui, j'oubliais: la fonction Dual Pixel raw est absolument inutile. L'effet est à peine visible (et necessite l'utilisation du logiciel Canon). De plus, il crée deux fichiers RAW, remplissant la carte de mémoire deux fois plus vite.

Canon 5D Mk IV

Description du Canon 5D Mark IV
après quelques mois d'utilisation


C'est quand ton appareil ressemble à ça
qu'il faut penser à le remplacer...

Canon 5D Mark IIICanon 5D Mark IV

Live View et macro

La fonction Live View n'était en pratique pas utilisable sur Mark III à cause de la mise au point hésitante (et même impossible avec certaines optiques). Ici, grâce à la fonction dual pixel af, la mise au point se fait de façon souple, tout aussi rapidement qu'avec la mise au point en mode reflex.

Le Live View est interessant combiné à la macro-photographie. Même avec une ouverture moyenne de ƒ/5.6 ou ƒ/8, la profondeur de champ est très limitée et il arrive que ce qui est net dans le viseur optique ne l'est plus quand la photo est prise. Le micro-réglage de la mise au point pour chaque optique c'est bien, mais si on fait le réglage pour 3m, il n'est plus bon pour 1m (et à fortiori 0.2m).

Quand on travaille en Live View, c'est le capteur lui-même qui effectue la mise au point et il n'y a plus d'erreur d'offset entre le capteur MAP (mise au point via le miroir de visée) et le capteur principal.

Le live view permet également de zoomer sur un détail pour faire la mise au point, ou de toucher l'écran pour indiquer l'endroit pour la mise au point. Pas la peine de controler, tu peux être sûr que la mise au point sera correcte.

La première photo a été prise avec une optique généraliste Sigma 24-105 ƒ/4, la seconde avec une optique macro: Canon EF 100 ƒ/2.8 MACRO.

Fonction anti-papilottement

Une fonction interessante est la fonction anti-flicker (papillotement dû à certaines sources d'éclairage intermittent (lampes à décharge) comme les lampes à vapeur de mercure). On la met en route et on l'oublie, et cela fonctionne parfaitement (c'est dommage qu'elle n'est pas enclenchée d'office). Les photos avec le Mark III (photos dans des salles de sport) ont parfois un teint jaune-verdâtre: c'est que l'appareil photo a déclenché au moment où l'éclairage était au minimum. Ici, l'appareil va retarder le déclenchement de quelques millisecondes pour que la photo soit prise quand l'éclairage est optimal. En mode rafale cela réduit légèrement le nombre maximum de photos par seconde, mais cela ne se remarque pas en pratique.

L'indication de papillotement apparait en bas à droite dans le viseur et ne fonctionne pas en mode live view. Le système ne permet que de détecter le papilottement à 100 ou 120Hz: cela ne fonctionne pas avec du 50Hz (par exemple écran dont l'image est raffraichie 50 fois par seconde).

Un autre moyen d'éviter les photos aux teintes livides (pour ceux qui n'ont pas un Mark IV), c'est d'utiliser un temps de pose plus lent que 1/125, mais ce n'est pas applicable quand on photographie un match dans une salle de sports.

La photo suivante (hélicoptère) a été prise avec la même optique Sigma 24-105 ƒ/4 (on remarque le vignetage prononcé sur la seconde photo). Mais on remarque également que l'optique se tire fort bien du jeu, en produisant une image parfaitement nette, même à la résolution maximale de l'appareil photo. La seconde photo est une découpe de la première, permettant de mieux faire apparaitre les détails.

AE lock with hold (*)

Une fonction qui existait déjà sur le modèle précédent, c'est la fonction AE lock with hold. Mais avant de décrire comment fonctionne le nouveau système, il faut expliquer comment fonctionne le réglage classique de l'exposition.

Normalement, la mesure de l'exposition se fait lors de la mise au point (mise au point single shot). Faites l'essai: visez un endroit clair, faites la mise au point (appuyez à moitié sur le déclencheur et gardez le bouton à moitié enfoncé), recadrez vers un endroit foncé: vous verrez que l'exposition ne change pas. Cà c'est le fonctionnement standard.

Vous pouvez également effectuer une mesure de l'exposition indépendante de la mise au point: appuyez sur le bouton * (AE lock) et l'exposition est bloquée et ne changera pas lors de la mise au point.

Mais cette mesure n'est valable que pour la photo suivante, et c'est dommage dans certains cas où vous voulez prendre une série de photos avec une exposition identique (par exemple pour la réalisation d'un panorama). Vous pouvez éviter que la mesure se perde en gardant le bouton AE lock enfoncé pendant la prise de la photo, mais c'est pas très ergonomique.

Les modèles high end de Canon (à partir du Canon 5D MkIII) permettent maintenant une fonction AE lock with hold. Aucun bouton n'est attribué à cette fonction très utile pour les photographes professionels, mais il est possible d'attribuer la fonction au bouton M-Fn (à coté du déclencheur), c'est ce que j'ai fait avec mes deux appareils.

La fonction AE lock with hold fonctionne d'une manière plus interessante que la fonction * classique. On appuie une fois sur le bouton, et l'appareil garde la mesure pour toutes les photos suivantes. La mesure reste mémorisée jusqu'à l'arrêt de l'appareil (bouton de mise en marche ou arrêt automatique au bout d'une minute).

La valeur mémorisée peut être effacée en appuyant une seconde fois sur le bouton (fonction ON/OFF) ou en appuyant sur le bouton * (nouvelle mesure, mais perte de la fonction hold). Pour mémoriser une nouvelle valeur, il faut appuyer deux fois sur le bouton M-Fn: la première fois pour déclencher le mode AE lock with hold, et la seconde fois pour mémoriser une nouvelle valeur.

Et un avantage supplémentaire de la fonction auto exposure with lock c'est qu'il est possible de modifier manuellement l'exposition entre deux photos.

Attention, pour compliquer le tout, la mesure de l'exposition n'est effectuée lors de la mise au point qu'en mode évaluatif. En mesure partielle, spot ou center weighted la mesure est effectuée juste avant de prendre la photo. Si vous utilisez une mesure spot ou partielle, il est nécessaire d'effectuer une mesure de l'exposition indépendante, autrement l'appareil va utiliser la luminosité de ce qui ce trouve au milieu de l'image au moment de prendre la photo. C'est une des raisons qui font que les photos en mesure spot ont une exposition incorrecte, alors que la mesure spot permet justement de bien doser l'exposition.

Dernière photo:
La mise au point est erratique quand je tente de faire la mise au point sur un sujet composé d'éléments identiques (aussi bien en mode reflex qu'en mode dual pixel AF). L'effet n'apparait qu'avec certaines optiques (Canon 70-200 ƒ/2.8). C'est un problème que la version Mark III n'avait pas. Voyez la dernière photo: la mise au point ne réussit pas sur le grille, mais bien sur le cadran. L'effet n'est pas toujours présent (et quand je veux le démontrer, il n'apparait évidemment pas!). C'est peut-être l'inclinaison de la grille qui joue.

L'appareil photo a entretemps tellement de réglages qu'il est pratiquement impossible de modifier tous les paramètres. Par exemple, je ne touche plus à la mise au point, qui se compose de 5 écrans avec chaque fois environs 5 paramètres que tu peux modifier.

La fonction "picture style" est également devenue plus complexe comparée à la version précédente utilisée sur le Mark III. On dirait qu'il y a du logiciel Photoshop dans l'appareil! Picture style permet par exemple de rendre l'image plus nette avant le stockage sur la carte.

L'augmentation de la netteté permet de compenser certaines optiques qui ne donnent pas d'image très nettes, mais appliquée sur une image en provenance d'une optique haut de gamme, le sharpening fait perdre des détails. Il y a 3 paramètres en jeu:

  • La quantité détermine la puissance de l'effet. Il vaut mieux mettre le curseur à moitié, un effet trop prononcé peut augmenter certains défauts de l'image (moiré plus visible) ou produire un dépassement de capacité (pixels devenus noirs ou blancs). Il faut adapter l'effet à l'optique utilisée. Si vous utilisez une optique prime haut de gamme, il vaut mieux ne pas trop augmenter la netteté. Si vous utilisez une optique superzoom quine produit pas une image très nette, vous pouvez mettre l'effet au maximum.

  • Taille: nombre de pixels environnants qui sont modifiés. Une valeur basse n'agit que sur quelques pixels environnants et l'effet nedérange pas. Avec une valeur élevéel'effet correspond à l'effet que certains photographes d'urbex utilisent pour rendre leur photos plus attractives. Une valeur élevée élimine les fins détails tandis qu'une valeur de taille basse (avec une quantité élevée) peut rendre le bruit de fond plus visible.

  • Le seuil indique à partir de quelle transition l'effet agit. Il n'y a pas d'effet quand la transition est lente ou faible, l'effet n'agit qu'en cas de transistions brusques. Il vaut mieux mettre le seuil à zéro pour que l'effet de seuil ne joue pas. Le seuil a comme but de ne pas augmenter le bruit de fond dans les dégradés, mais en pratique cela ne fonctionne pas comme on le voudrait. Quand on met un seuil, l'effet n'apparait pas pour les faibles transitions (là où une augmentation de la netteté pourrait être utile) mais n'agit que pour les transitions brusques là où une augmentation du détail pourrait causer un dépassement de capacité.
Le "picture style" n'agit que pour le stockage en JPEG où l'effet est destructif (l'image d'origine n'est plus disponible). En cas de stockage RAW, les paramètres sont inclus dans le fichier et peuvent être appliqués automatiquement lors du développement.

Est ce que l'effet doit être appliqué dans l'appareil, alors que l'effet peut être atteint par après avec Photoshop? L'avantage de l'effet dans l'appareil photo est qu'il est appliqué automatiquement. C'est utile pour les optiques générales qui ne produisent pas une image très nette. Lors du stockage en JPEG il se produit une compression et si on effectue la correction (sharpening) par après, on va également augmenter les défauts à la compression. Quand un picture style est d'application, les photos qui sortent de l'appareil sont optimalisées et il n'y a normalement pas de postproduction nécessaire.
Macrophotographie

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