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Je teste différents appareils, je les compare et je donne mon avis. Pourquoi pas tester un musée pour changer (une fois)

“A partir de ce moment, la société immonde se rua, comme un seul Narcisse, pour contempler sa triviale image sur le métal”
Charles Baudelaire

(et c'était avant l'apparition des selfies)

Le musée est installé dans un ancien carmel (une sorte de couvent, quoi). Les fenètres des salles du musée ont été occultées pour empècher la lumière de pénétrer dans les salles: certaines photos très anciennes sont sensibles à la lumière. Dans certaines salles, la lumière ne s'allume que quand un visiteur entre, et la lumière est faible et diffuse. Ce qui est moins sensible à la lumière (anciens appareils) est placé dans le couloir qui entoure le jardin central.


Avant la photographie, il y avait le dessin. Pour aider à reproduire le plus exactement possible la scène, les "photographes" disposaient d'une tente (totalement fermée) et tracaient les contours de la scène. Une fois ce travail préalable terminé, ils ajoutaient les couleurs, des personnages, des nuages, des ombres. L'optique servait principalement à obtenir la base.


Un studio de photographie à l'ancienne: l'arrière plan (souvent une colonne grècque ou une vue de la mer), la chaise et ne pas oublier le statif, non pas pour y placer un flash de studio, mais pour maintenir la tête de la personne photographiée. Les temps de pose étaient en effet fort importants et le moindre mouvement du visage rendait la photo floue. Le flash était une sorte de plateau en métal rempli de filaments métalliques qu'il fallait allumer et qui produisait une forte lumière (et beaucoup de poussières...).

Les premiers procédés photographiques produisaient une image unique (daguerréotype). Pour obtenir une image de grande dimension, il fallait donc un grand appareil photo. Quelques uns de ces appareils se trouvent dans le couloir du musée.


Tous les photographes qui ont développés des films ou fait des tirages connaissent les lampes rouges inactiniques. Mais la photographie préccède l'apparition de l'électricité, et les photographes ont utilisé des lampes à pétrole avec un filtre rouge pour pouvoir développer les épreuves sans risquer de les voiler.

On voit le reflet de l'ogive d'une fenètre du couvent. Evidemment, j'avais oublié mon filtre polarisant. D'autres photos ont également des reflets.


Il y a de nombreux appareils historiques. Ils se trouvent dans des armoires dans le couloir. Les textes explicatifs sont très limités. Si les procédés photographiques historiques vous interessent, lisez ces pages.


La photographie instantanée: il s'agissait d'un appareil très perfectionné avec mise au point par ultra-sons (qui n'est plus utilisée actuellement mais qui était très moderne à l'époque). Le développement instantané est décrit ici.


Les premiers dos numériques à monter sur le boitier moyen format. Ils remplacaient les cassettes de film. Au début du numérique on a fabriqué des capteurs à placer dans un boitier 24×36, mais qui n'ont eu aucun succès et ont rapidement été remplacés par des reflex numériques avec capteur fixe.

Par contre, les dos numériques se retrouvent encore sur le marché des moyens formats où on peut remplacer l'optique, le dos, etc. Mais ici aussi on entre de plus en plus dans une logique de marché où on retrouve un seul fabricant qui produit tous les éléments et où il n'est plus possible de combiner librement.

Le musée se veut (un peu) interactif, vous pouvez modifier le placement des sources lumineuses pour arriver à la nature morte photographiée en exemple. Un autre tableau vous permet de créer votre propre histoire en déplacant un cadre: un enfant qui marche dans la rue, un drapeau belge, une fontaine, une devanture de magasin.

Une partie très interessante est la manipulation des images. On peut faire mentir une photographie en recadrant l'image, en enlevant ou en ajoutant des éléments. Quelques photos devenues classiques sont passées en revue.

Au lieu de manipuler l'image, on peut également jouer sur les sentiments: rendre l'image plus sombre, plus triste, la sur-exposer, augmenter le contraste, le grain, choisir son point de vue, déclencher à un moment précis,...

Un exemple typique (où il n'y a pas eu de manipulation d'image), c'est la photo iconique de Einstein, qui tout au contraire de la photo était toujours sérieux.

Vous l'aurez remarqué, la partie principale du musée, ce sont les photos, mais également les magazines axés sur la photographie: Paris Match (“Le poids des mots, le choc des photos”), le patriote illustré (la version provinciale et petit-belge de PM), Life (la version américaine de PM),...


Avec en passant un peu de publicité pour le mur de l'Atlantique


La photographie devient vite publicitaire (dommage que le musée n'y consacre presque rien), et même la réalisation d'un simple timbre-poste consacré à la fête de Noêl nécessite de nombreuses retouches photographiques.

La seconde guerre mondiale a été photographiée sous toutes ses coutures, souvent dans un but de propagande.

Après la guerre, on voit apparaitre en Angleterre un courant photographique qu'on pourrait qualifier d'humaniste: une photographie simple où les personnes sont importantes. Pas de fioritures, mais des scènes de tous les jours. L'Angleterre avait beaucoup souffert de la seconde guerre mondiale et mettra des années à s'en remettre.

A la même époque, au Etats Unis il y a l'apparition d'un style deshumanisé: on voit des batiments, des grands-routes, des quartiers sans vie. Quand on voit des personnes, elles sont deshumanisées (voir photo à droite: les personnes sont photographiées sans tête).


Et puis ce sont les Golden Sixties, tout va bien, madame la marquise avec une vue typique, la jeunesse dorée, le garage, “J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie” (tout musée français se doit d'avoir au moins dix citations sur ses murs autrement il n'est pas pris au sérieux).


Un petit bout de physique (juste assez pour garantir les subsides), mais pour les explications c'est ici: modèles chromatiques car dans le musée il n'y a rien.

Musée de la photographie de Charleroi


Les appareils anciens sont placés dans les couloirs


Collection d'appareils jetables


Les ogives sont présentes partout


Expérimentez vous-même


Créer votre propre histoire


“Menteur comme une photographie”

 

Exposition photographique:
la catastrophe du Bois du Cazier

Le musée reprend également des expositions temporaires, ici la catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle en 1956. On voit bien les batiments d'époque (qui n'ont pratiquement pas changés depuis). On se rend bien compte que dans la mine, le temps est figé (surtout au Bois du Cazier): on utilise des machines dépassées, les responsables réagissent trop tard à la catastrophe, etc.

La photo ci-dessus montre l'incendie qui a pris naissance au fond du puits (à 975m) et s'est propagé à toutes les galeries. La fumée sort du puits d'aérage. Les familles attendent des nouvelles.

Le charbonnage est situé tout près du musée et il est possible de visiter les deux places en un seul jour (5 km de distance).


Un petit parc se trouve à l'arrière du musée. On y trouve la cafétaria avec terrasse (que serait un musée belge sans une cafétaria?).

On remarque surtout le nouveau batiment garanti 100% moche qui n'a aucun rapport avec l'architecture du cloître. Le nouveau batiment héberge principalement des travaux récents (21° siècle).

Un musée à ne pas visiter: Fotografie Museum Antwerpen.

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