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Nous décrivons sur cette page le placement des sources lumineuses pour la portraiture. Il peut s'agit aussi bien de flashes de studio, de flashes de reportages que de lumière continue.
Placement académique
Il s'agit d'un placement pour la portraiture enseigné à l'académie (il y a plus de 30 ans...) qui est dépassé, mais qui a l'avantage d'expliquer la fonction et le nom des différentes sources de lumière. A cette époque, la latitude de pose était relativement limitée et il fallait donc réduire le contraste. Les photographes n'avaient pas non plus la possibilité de controler la photo et préféraient donc des négatifs peu contrastés (pouvant être corrigés au tirage) que des négatifs bien contrastés, mais dont des parties étaient sur- ou sous exposées et donc irrécupérables.

Il utilise quatre flashes
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On peut remplacer un flash par un réflecteur pour déboucher les ombres
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- Key
Le placement académique se compose d'une source de lumière principale (key) placée à gauche, un peu plus haut que le visage. Plus la lumière est diffuse (boite à lumière) et plus elle est flatteuse et met le modèle en valeur, mais un softbox trop grand efface toutes les caractéristiques du visage.
Un placement à 45° est appellé placement Rembrandt car il utilisait ce type d'éclairage sur la plupart de ses peintures. Il se caractérise par un petit triangle de lumière sur la joue à l'ombre. Un placement à 90° est appellé split car il met la moitié du visage à l'ombre. Et nous terminons avec le papillon, un placement du flash en hauteur avec un petit reflecteur sous le visage (lancé dans les années 1930-1940), nommé ainsi parce qu'il forme un papillon noir sous le nez.
- Fill
On ajoute normalement une source de lumière auxiliaire (fill) placée à droite pour déboucher les ombres. La puissance doit être moindre. Un rapport de puissance de 1/3 est appellé rapport de Kodak, car c'est cette valeur qui était indiquée dans les dépliants de la marque (il y a heuh... près de 50 ans donc très actuels). On peut utiliser un rapport bien plus grand, par exemple 1/8.
La puissance de cette source peut être rapidement sélectionnée avec un posemètre. Si le flash principal (utilisé seul) nécessite une ouverture de f/8, il faut régler la puissance du flash auxiliaire (utilisé seul) pour que le posemètre indique une ouverture de f/2.8
Au lieu d'un flash, on peut tout aussi bien utiliser un réflecteur qui récupère une partie de la lumière du flash principal. On dirige le flash principal plus vers l'avant, vers le réflecteur et non le modèle (terme anglais: feathering). La lumière auxilaire est ainsi particulièrement douce.
- Kicker ou separation
Une troisième source de lumière sert à accentuer une partie de l'image (kicker ou separation). Il s'agit par exemple d'une petite source de lumière dirigée vers les cheveux, mais il peut tout aussi bien s'agir d'une lumière placée derrière le modèle et servant à le détacher du fond (par la création d'une silhouette claire ou "ligne de lumière"). C'est surtout nécessaire si le fond est foncé.
Il faut placer cette source en hauteur, ainsi la lumière sera visible naturellement sur les épaules. Placée derrière le modèle, elle produit des oreilles très visible et rouges par transparance. Un effet dévastateur, s'il en est...
La lumière d'accentuation doit être concentrée. On utilisera par exemple un petit réflecteur équipé d'un nid d'abeilles.
- Backlight
La dernière source sert à éclairer le décor, elle est plutôt destinée aux reportages, pour éviter les ombres mouvantes. Au studio, elle permet d'avor un effet d'infini par la disparition du bord du studio. Ou bien elle permet de faire flotter les objets placés sur une plaque en verre avec fond blanc. On peut ici utiliser une source colorée.
- Lumière d'appoint (attention! ne fait pas partie de l'éclairage académique)
Pour certains types de photographie (food photography: photographier de la bouffe) on utilise une lumière d'appoint qui sert à donner de la structure. La source de lumière peut dans ce cas être placée à coté de l'éclairage principal (éclairage soft et dur à la fois).
L'éclairage principal avec un large softbox sert à donner un éclairage général avec un contraste et des ombres limitées, tandis que l'éclairage d'appoint concentré joue le rôle d'éclairage principal. La lumière d'appoint doit être de faible puissance (puisqu'elle est concentrée). L'effet est le plus réussi quand il est discret.
Pour les portraits en pied, l'éclairage d'appoint sert à accentuer légèrement le visage.
L'exemple ci-dessus montre qu'on peut faire autre chose qu'un éclairage académique. La source lumineuse principale à gauche (softbox rectangulaire) travaille ici à très faible puissance et ne sert qu'à déboucher les ombres. La source auxiliaire (petit réflecteur avec nid d'abeille placée en hauteur) sert ici d'éclairage principal.
Sans lumière d'accentuation
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Avec lumière d'accentuation
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Le placement académique des lumières avec 4 flashes est souvent remplacé par un placement plus moderne avec 3 flashes. Quand on utilise une accentuation, il n'est pas interessant d'également éclairer le fond, car cela réduit trop le contraste (visage éclairé, cheveux éclairés, fond clair). Le placement moderne éclaire soit le fond, soit les cheveux.
Les valeurs qui sont données ici doivent être prises comme exemples pour débuter. Lisez également mes commentaires.
- Appareil photo
Plein champ avec une focale de 85mm (ou appareil à capteur de taille réduite et focale de 50mm). Je préfère personnellement une focale un peu plus longue (100 ou 85mm) qui permet de réduire les déformations.
ƒ/9 of ƒ/10: je préfère utiliser une ouverture de ƒ/5.6. Le photographe semble utiliser des optiques à focale fixe, or ces optiques donnent le meilleur piqué à une ouverture de ƒ/5.6 ou ƒ/8. La profondeur de champ est suffisante, sauf si tu photographies des groupes.
1/160, ISO 100 en 5200°K, la température des couleurs peut varier légèrement selon les flashes utilisés.
- Key
450Ws, softbox 80 × 120cm.
Comme nous utilisons une ouverture plus grande, nous pouvons réduire l'intensité du flash à 150Ws. La puissance nécessaire dépend grandement de la distance entre flash et sujet: ces valeurs sont donc données à titre d'exemple. Un flash de studio avec une puissance réglable jusqu'à 250Ws suffit.
- Fill
380Ws of 280Ws, softbox 80 × 120cm.
J'utilise un softbox plus grand pour déboucher les ombres pour avoir un effet plus diffus. Comme la boite à lumière est plus grande, la puissance doit également être un peu plus élevée. J'utilise normalement 100 à 150Ws (flash de 250Ws).
- Fond
500Ws, réflecteur standard (petit parapluie)
500Ws semblent beaucoup, mais le but est d'éclairer uniformément le fond. Nous voulons un fond blanc, pas un fond gris sale. Avec notre diaphragme plus ouvert une puissance de 200Ws devrait suffire. S'il n'est pas possible d'éclairer uniformément le fond, il faut que la tache de lumière soit au centre (le sujet doit se trouver au centre de la tache de lumière). Un vignetage (coins plus sombres) peut être atristique, mais uniquement s'il est symmétrique (tous les coins sombres).
- Kicker/Séparation
280Ws, Petit réflecteur avec grille (nid d'abeilles)
La puissance eput être limitée à 100Ws, mais il est recommandé de placer le flash le plus loin possible du champ pour éviter les réflections internes (flares). La puissance doit alors être augmentée à 150 ou 200Ws.
Il est utilisé à la place de l'éclairage du fond: cela n'a pas beaucoup de sens d'éclairer à la fois le fond et l'arrière du sujet. Le but de la séparation (séparer le sujet du fond) disparait alors.
- Accentuation
L'accentuation peut être placée à coté de l'éclairage principal pour éclairer le sujet de biais. Dans ce cas, l'éclairage principal fourni par un large softbox agit comme éclairage d'appoint (fill) pour déboucher les ombres, tandis que la source de lumière principale est l'accentuation.
Pour les petits sujets (food photography), on peut monter un snoot ("canon à lumière") sur la lampe d'accentuation. Attention, la lampe doit travailler à faible puissance, puisqu'elle n'éclaire qu'une partie de la scène.
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Placement des sources lumineuses

Utilisation du flash principal en mode frontal et accentuation sur les cheveux et les épaules
Faire poser les modèles
Quelques petits trucs de base...
Pour un portrait rapproché, il vaut mieux tenir l'appareil à la hauteur des yeux (partie la plus importante du visage). Le modèle doit avoir le visage légèrement vers le haut. Le visage est ainsi plus élancé et on évite le menton qui n'est pas toujours très gracieux.
Pour un portrait plan américain (coupé aux environs du genou) il vaut mieux tenir l'appareil un peu plus bas. Si on tient l'appareil à hauteur du visage, on a une stature trop trappue avec un visage relativement gros et de petites jambes.
Une pose où un des bras manque n'a pas de symmétrie. Il vaut mieux créer une asymmétrie en plaçant les bras différemment, par exemple une main à moitié en poche et l'autre tenue derrière le corps. Les mains qui sortent du néant sont a éviter (le bras qui y est normalement attaché est en dehors du cadre).
Lors qu'on travaille en demi-profil, il faut éviter l'effet Pinocchio: il faut que le nez ne dépasse pas du visage. S'il dépasse du countour du visage, il semble trop grand en comparaison et attire toute l'attention.
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