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Quelques petits exemples pratiques du placement des flashes de studio ou des sources lumineuses

Photographie commerciale

Le premier exemple est un placement que j'utilise pratiquement toujours pour la photographie commerciale: photographie d'un modèle qui utilise un objet (ici en l'occurence un motard et une moto).

Contrairement à la portaiture classique, il faut travailler ici en lumière douce, éviter les reflets et les ombres. On peut essayer d'utiliser un filtre polarisant pour éviter les reflets.

Le flash principal se trouve à gauche. Il s'agit de photographie classique, et un placement classique des sources lumineuses s'impose donc. On place le softbox le plus près de l'objet à photographier pour qu'il donne une lumière diffuse.

Le second flash est équipé d'un bol parabolique dirigé vers le plafond. La lumière de ce flash doit passer au dessus de l'objet ou du modèle et frapper l'arrière plan. Ce flash donne une lumière diffuse très agréable et naturelle et élimine les ombres.

Dans la configuration présentée, il suffit de deux flashes de 150W. Même à puissance réduite au quart, il faut utiliser une ouverture de ƒ/8.

Placement des
flashes de studio

Photos de groupe

Le second exemple est le portrait de classe. Cela semble tout simple, et pourtant cela n'est pas facile de faire une photo de groupe qui soit professionnelle. Il faut d'abord que toutes les personnes aient les yeux ouverts. S'il y a 20 personnes sur la photo, tu as 50% de chance (ou de malchance) qu'une personne aie les yeux fermés. Compter 1-2-3 peut aider, mais c'est pas une garantie. Certaines personnes ferment les yeux par peur du flash!
  1. Dès qu'un photographie sur plusieurs rangées, les personnes située à l'arrière reçoivent moins de lumière.

  2. Il y a presque toujours des ombres, même quand on utilise deux flashes. En fait, on a moins de problèmes quand on utilise le flash sur l'appareil photo, puisque cette ombre colle à la personne. N'empèche, c'est moche!

  3. Ce placement donne une photo plate et terne, qui gomme les caractéristiques des visages. C'est comme si les personnes portaient un masque.
Diriger les flashes vers le plafond permet d'éviter ces inconvénients. Il faut positionner les flashes pour que la lumière frappe principalement les derniers rangs. Il ne faut pas utilise de softbox, mais un bol parabolique (le softbox bouffe trop de puissance). C'est le plafond qui sert ici de softbox. Un angle de 30° est idéal.

La lumière qui vient d'en haut est plus naturelle. On est habitué à une lumière qui vient du haut. Les personnes ne ressemblent plus à des poupées de cire au musée Tussaud (le flash indirect réduit d'ailleurs fortement les réflections sur la peau). Il n'y a pratiquement plus d'ombre derrière les personnes.

Il faut compter sur une puissance totale de 1000W pour 10 personnes. L'idéal est évidemment de travailler avec trois ou quatres flashes: deux flashes sur le coté dirigés vers le plafond et fonctionnant à puissance élevée et un ou deux flashes directs à coté du photographe, travaillant à faible puissance (utiliser un très petit softbox). Ces flashes directs donnent une lueur dans les yeux des personnes.

Défilés

Et puis il y a évidemment les défilés de mode. Le problème de la plupart des défilés, c'est que la lumière disponible est affreuse. La lumière est souvent trop concentrée (l'APN a une latitude de pose moins élevée que les yeux humains). Et c'est vraiment le bordel quand on utilise des spots de couleur.

La plupart des photographes utilisent un flash externe pour compenser l'éclairage exécrable. Il y a des tas de photographes qui se sont spécialisés dans ce genre de truc (party-photographer). Si ces photos peuvent servir sur un profil facebook pour montrer que tu sors en boite, ces photos ne sont absolument pas valables dans un book. Je connais des sites de modèles qui refusent de telles photos de genre amateur.

Pour photographier un catwalk de façon professionelle, il faut utiliser des flashes de studio. De par leur puissance, ils remplaceront en partie la lumière ambiante. Il faut utiliser des flashes commandé par radio (de préférence un système vraiment professionnel comme Pocket Wizard, les Cactus Trigger fonctionnent une fois sur deux, mais les dernières versions semblent plus fiables).

Le problème inhérent au catwalk, c'est que les modèles ne restent pas en place. La puissance des flashes de studio n'est pas modulable à la seconde. Les modèles à l'avant plan sont sur-exposés, les modèles à l'arrière plan seront dans le noir. Tu ne dispose que d'une marge de maneuvre d'un mètre ou deux.

Et pourtant, il y a une solution. Il faut utiliser deux flashes avec réflecteur parabolique (un bol ou un parapluie avec face argentée). Le but est de donner une lumière suffisamment concentrée. Un softbox ou parapluie avec face blanche donne une lumière trop diffuse qui ne va pas assez loin (il faut vraiment un effet de phare!)

Il faut mettre les deux flashes symmétriquement de chaque coté de la salle. Il faut diriger les flashes vers le fond de la salle, là où les modèles entrent en scène. Il ne faut surtout pas diriger les flashes vers le centre de la scène! Envoyer la lumière vers le coté de la scène s'appelle “feathering” en anglais.

L'avantage de ce système, c'est que quand le modèle s'avance, il est de moins en moins dans le cône de lumière des flashes (c'est pour cela qu'il faut utiliser un parapluie parabolique). Le parapluie donne un dégradé qui ne se remarque pas sur la photo. Quand le modèle se déplace latéralement, le manque de lumière d'un flash est compensé par l'augmentation de lumière de l'autre flash.

Il ne faut pas espérer des miracles d'un tel positionnement, mais cela permet malgré tout d'étendre le champ d'action qui était limité à 1 mètres à 5 mètres ou plus.

Fais travailler les flashes à leur puissance maximale (ou du moins à puissance élevée pour qu'ils atteignent le fond de la salle). N'oublie pas que plus de la moitié de la lumière du flash se perd (cône extérieur). Un flash puissant est ici un avantage, parce qu'utilisé à puissance moyenne, il se recharge plus vite qu'un flash qui doit fonctionner au maximum. Corrige l'exposition en jouant du diaphragme (le temps de pose est fixé à 1/125).

Place les flashes assez hauts, pour que le public puisse voir quelque chose. Fais des mesures de la lumière (flashmètre) sur le plateau avant le show pour équilibrer la lumière. Fais quelques photos de test pendant la répétition (souvent, les photos prises pendant la répétition sont meilleures que les photos pendant le show même). Parfois, il n'est possible que de photographier les répétitions, pas le show à proprement parler.

C'est ici que le mode RAW de l'appareil photo (que je n'utilise normalement jamais) peut venir à la rescousse. Le mode RAW permet en effet d'enregistrer des différences de dynamique que le format JPEG ne permet pas.

Un dernier exemple pratique: il s'agit d'une formation "apprendre à défiler" organisée par DAP Models Academy (nom actuel: Belgium Model Academy). Le catwalk fait 8m de long. Comme tu peux le voir sur la photo, l'exposition est correcte, du début du passage jusqu'à la fin. Les flashes ont été tournés vers l'extérieur parce qu'ils ne pouvaient pas être placés suffisamment loin l'un de l'autre. La lumière ambiante faisait entre 2 et 4 EV (200ISO) donc bien trop peu pour photographier des modèles en mouvement (il faudrait un temps de pose d'une demi seconde!). Le placement des flashes me permet d'utiliser une ouverture normale ƒ/4, un temps de pose moyen (1/125) et une valeur d'ISO normale (200).

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