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Un agrandisseur permet de faire une copie grand format d'un négatif ou positif petit format. L'image est projetée sur le papier sensible.

L'agrandisseur

La qualité de la copie dépend de la qualité de l'agrandisseur, et particulièrement de son optique (on appelle la copie souvent un tirage). La source lumineuse (diffuseur ou condenseur) joue également un rôle. La lentille est équipée d'un diaphragme et la plus grande netteté est généralement obtenue avec une ouverture de ƒ/8 (format 24×36). La plupart des agrandisseurs sont conçus pour ce format, mais il existe également des appareils qui acceptent des formats plus grands.

Le format de la copie dépend de la distance entre lentille et papier sensible (et naturellement du format du négatif). L'optique n'a pas de zoon! Quand on double la distance il faut quadrupler le temps de pose. Les temps de pose se comptent en seconde et vont par exemple de 5 à 40 secondes pour un tirage courant. Après avoir modifié la distance, il faut refaire la mise au point qui se fait avec le diaphragme ouvert au maximum. En fait, il faut refaire la mise au point chaque fois qu'on change de négatif.

Certains agrandisseurs peuvent projeter horizontalement (comme un projecteur de diapositives), cela permet de faire de très grands agrandissements. Utiliser un projecteur n'est qu'une solution de fortune, car les projecteurs sont conçus pour un rendement lumineux maximal (grande ouverture), pas pour donner l'image la plus nette possible.

Condenseur
Diffuseur

Condenseur ou diffuseur?

Les rayons de la lampe sont concentrés par un condenseur. Il est possible de placer un diffuseur (un plastique translucide). La présence du diffuseur va complètement changer les caractéristiques de l'agrandisseur: sans diffuseur les images sont beaucoup plus nettes, mais cela fait également apparaitre le grain de l'émulsion et les griffes et poussières. Avec un diffuseur, la copie ressemble à une copie de contact.

L'effet qui apparait ici est l'effet Callier et est plus prononcé avec les films qui contiennent de l'argent (développement monochrome classique) et moins avec les originaux qui utilisent des pigments (développement chromogène), voir développement. Les poussières et griffes sont toujours plus visibles avec un agrandisseur à condenseur, quel que soit le type d'original.

Monochrome

En noir et blanc, on travaille presque uniquement avec des négatifs (film négatif et papier négatif donnent une image positive). On peut travailler en lumière inactinique (rouge-orangé) puisque le papier monochrome n'est pas sensible à cette teinte. L'utilisation d'une lampe rouge n'est pas obligatoire pour les tirages: le papier moderne n'est pas sensible à l'orange et une lampe orangée donne une lumière un peu plus agréable.

La luminosité se règle en modifiant le temps de pose. Si la copie est trop foncée, on réduira le temps de pose.

Le contraste peut être modifié en utilisant une autre chimie lors du développement, mais actuellement on n'a plus le choix quant aux produits disponibles (on peut également réduire l'exposition et augmenter la durée du développement, cela produit une image plus dure).

La plupart des papiers sont multigrade, c'est à dire que le contraste est déterminé par la couleur de la source lumineuse. En gros, le papier se compose de deux couches luimineuses qui ont un contraste différent et une sensibilité spectrale différente (bleue ou verte).

On utilisera un filtre jaune pour obtenir un contraste faible (correspond au grade 0) et un filtre magenta pour obtenir un contraste élevé (papier de grade 5). Le jaune élimine le bleu et le magenta élimine le vert. Les fabricants fournissent des sets de filtres gradués de 0 à 5 par pas de 0.5.

Il est possible de travailler en split grade, c.à.d. qu'

Couleur

En couleur, il est possible de travailler avec des négatifs ou des diapositives. Avec un négatif, on utilise du papier négatif tandis qu'avec une dia on utilise du papier positif. Le papier négatif donne des images moins contrastées en comparaison du papier positif. La technologie utilisée avec le papier positif (Cibachrome, maintenant Ilfochrome) permet des images plus contrastées et détaillées qui ne faiblissent pas avec le temps.

Le travail en couleur est bien plus complexe que le travail en monochrome: le tirage et le développement doit se faire dans le noir absolu, puisque le papier est sensible à tout le rayonnement lumineux. La température des bains doit être controlée au degré près.

Il ne suffit pas de travailler en lumière blanche quand on travaille en couleur. Il est souvent nécessaire de compenser la couleur (balance des blancs), par exemple des photos prises à l'intérieur qui contiennent trop peu de bleu. On peut compenser la couleur en utilisant séquentiellement trois filtres de couleur et en exposant différentiellement. C'est une méthode très lente, l'idéal c'est de n'avoir qu'une seule exposition avec trois lampes équipées d'un filtre. Chaque lampe fonctionne pendant un temps variable (ou à puissance plus faible). Le Philips PCS 150 est un agrandisseur qui dispose de trois lampes modulables.

L'échelle des agrandisseurs couleur contient une graduation en points d'impression, 12 points correspondent à 1 stop. Attention, ce n'est pas toujours le cas, Philips utilise une autre échelle: 3 points = 1 stop.

Avec le Philips PCS 150 l'exposition maximale est obtenue avec le bouton en position "0". La position "3" produit une réduction de l'exposition d'un stop (pour la couleur correspondante). Les trois échelles ont une gradation différente: une lampe halogène qui travaille à puissance réduite va émettre relativement moins de bleu et plus de rouge. En position "12 heures", les trois lampes éclairent aussi fort, mais produisent plus de rouge que de bleu. Cet appareil ne modifie en effet pas le temps de pose de chaque lampe, mais joue sur sa puissance.

Travailler avec des négatifs couleur demande pas mal d'expérience: il n'y a pas uniquement le procédé négatif qui n'est pas intuitif, mais on travaille également avec des couleurs inversées. C'est pour cela que l'agrandisseur a également une échelle avec les couleurs complémentaires.

La tête couleur permet évidemment aussi de faire des tirages monochromes et on peut régler le contraste si on utilise du papier multigrade. Ici je donne un exemple du mode d'emploi de l'agrandisseur Philips PCS-150. On obtient un contraste élevé en grade 5 (rayon bleu maximum) et un contraste réduit en grade 0 (rayon vert maximum). Ce tableau utilise le rouge au maximum, mais cela ne joue aucun rôle, le papier n'étant pas sensible au rouge.

Imprimer des négatifs couleur sur papier monochrome?

C'est pratiquement impossible: les négatifs couleurs ont un masque orange pour compenser la sensibilité des papiers couleur. Le papier photographique monochrome n'est par contre pas sensible à l'orange.

Il existait du papier panalure fabriqué par Kodak spécialement conçu pour reproduire en monochrome les négatifs couleur. Ce papier doit être manipulé dans le noir absolu comme tous les papiers couleurs.

Les tirages monochromes et les tirages couleur sont expliqués ici.

Agrandisseur


Philips PCS-150


Pour modifier le contraste du papier monochrome multigrade on modifie la couleur de la lumière avec des filtres, mais si on dispose d'un agrandisseur couleur, on peut tout aussi bien jouer sur la teinte produite par la tête.

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