Photographie » Technique » Film » Développement » Effet compensateur

Les capteurs photographiques électroniques fonctionnent linéairement: un photon = un électron = un bit (fonctionnement orthophotique).

La photographie chimique n'est pas linéaire (la réponse d'une émulsion à la lumière n'est pas linéaire). Mais en plus, un effet compensateur joue plus ou moins. C'est cet effet que nous décrivons ici.

Le révélateur est le bain le plus important du développement d'un film exposé. Les autres bains n'ont qu'une influence minime sur le résultat final. Il va donc de soi que chaque photographe qui se respecte avait sa propre formule de développement.

Le révélateur contient plusieurs produits chimiques:

Une fois préparé, le liquide de développement se conserve quelques mois en bouteille à l'abri de la lumière. La bouteille doit complètement être remplie (pas d'air) et être étanche. Les bains qui ont servi (mais qui ne sont pas encore épuisés) se conservent très mal: il faut donc traiter tous les films en une fois.

Alors qu'un appareil photo numérique utilise toujours le même capteur, en photographie argentique on avait le choix des émulsion et également (pour la photographie en noir et blanc) le choix des produits et des procédures de développement.

La courbe de réponse non-linéaire de l'émulsion photographique est décrite ici (on l'utilise également en numérique pour donner des images qui ont une apparence naturelle).

Effet compensateur

Il y a un effet compensateur lors du développement d'un négatif, ce qui permet d'enregistrer une grande dynamique, avec des ombres bien définies et des blancs qui ne sont pas brulés.

Le développement se produit uniquement en milieu basique. Or les produits de la réaction sont acides. Là où le négatif a fortement été exposé, il y aura une concentration d'acide plus forte, ce qui inhibera localement le développement: les hautes lumières ne seront pas toutes noires, mais auront des détails.

Cet effet compensateur augmente quand on secoue moins, mais il existe des révélateurs qui sont connus pour leur effet compensateur. Le plus connu étant probablement le Rodinal à faible concentration (1:100) et long temps de développement (60 minutes). Le Rodinal qui est un des premiers révélateurs apparus sur le marché n'a pas d'effet solvant et peut être utilisé avec des temps de développement très élevés (une heure et plus) si utilisé à forte dilution. Attention, prévoir assez de révélateur pour traiter tout le film si vous utilisez une forte dilution (il faut donc une très grande cuve de développement)!

On peut également obtenir un effet compensateur en plongeant le négatif dans de l'eau pure pendant 1 minute plusieurs fois pendant le développement. Quand on fabrique soi-même sa solution de développement, on peut utiliser une base moins forte, ce qui permet à l'acidité de monter plus rapidement aux endroits fort exposés.

L'effet compensateur peut être recherché aussi bien lors du développement du négatif que lors de la réalisation de clichés. On utilisera de préférence l'effet compensateur naturel de certains révélateurs (XTOL par exemple) lors du développement du négatif (pour ne pas risquer de ruiner le négatif), quitte a moins secouer le bain lors du développement des tirages sur papier. Il faut développer plus longtemps quand on secoue moins, et il faut parfois utiliser du papier à contraste plus élevé, l'effet compensateur réduisant le contraste général de l'image.

L'effet compensateur est un effet de surface uniquement lié au développement, contrairement au contraste qui dépend également de la pellicule utilisée.

Les photos en exemple sont en positif pour la facilité de compréhension. C'est comme si la source était un négatif correctement exposé et le résultat une copie de contact ou un tirage sur papier.

Développement à deux bains

Il existe une méthode de développement (révélation) où le bain de développateur est séparé en deux: le premier bain contient le développateur seul (éventuellement avec un conservateur). Le produit n'agit pratiquement pas, car il n'est actif qu'en milieu basique. Par contre, l'émulsion se gorge de développateur.

Le second bain est un bain alcalin seul. Le développement commence grâce au développateur présent dans l'émulsion. Le résultat est une image très détaillée, mais dont le contraste est moindre, les tons totalement noirs ne sont pas présents.

Cette méthode a des avantages: le temps dans les bains n'est pas critique (on recommande 3 minutes). L'agitation est moins importante. Les deux bains se conservent mieux qu'un bain combiné. La méthode n'est par contre pas applicable à tous les types de films. Le bain d'arrêt est toujours nécessaire.

Ce procédé a été utilisé dans les centrales de développement qui traitaient les films monochromes classiques pour récupérer automatiquement une exposition qui peut être incorrecte. Plus tard les centrales sont passées au film chromogène qui utilise le traitement couleur standardisé.

Effet compensateur


  1. Partie exposée normalement, produit une image grise
  2. Partie fortement exposée, produit un point noir sur le négatif
  3. La réaction près des zones fortement exposées produit un nuage acide qui réduit l'activité du développement
  4. Les zones exposées normalement sont développées moyennement...
  5. ... sauf près des zones fortement exposées, où la présence de déchets réduit le développement (négatif plus clair)
Quand on secoue moins, les déchets migrent moins dans la solution, produisant un effet compensateur plus prononcé. Les détails dans les hautes lumières restent bien présents. C'est un effet qui manque cruellement en numérique.

Développement normal
Développement "dur" (contrasté)
Développement lith
Développement à bain compensateur
Développement à deux bains

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