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Les premiers systèmes couleur sont basés sur le système monochrome avec ajout de filtres colorés. On pouvait ainsi utiliser le développement monochrome bien connu et utilisé par les photographes (il n'y avait pas encore de centrales de développement)

Potatochrome

Les premières épreuves couleur datent du début des années 1900 (procédé autochrome) et sont basées sur la photographie noir et blanc classique.

La plaque est exposée du coté verre pour permettre aux filtres couleur d'agir. La photo est regardée par transparence comme une diapositive, la couche d'amidon toujours présente servant de filtre. Le traitement est positif identique au développement monochrome.

Le procédé autochrome est relativement aisé à mettre en œuvre par des amateurs et sera utilisé pendant plus de 30 ans. Les couleurs sont bien rendues mais un peu ternes. Les parties claires ont parfois une dominance colorée. La résolution est limitée par la taille des grains de fécule et il n'est pas possible de faire des agrandissements. La plaque de verre a été remplacée par un film, mais le film autochrome est très fragile et surtout très peu sensible. Le système Dufaycolor (plutot utilisé au cinéma) qui utilise un réseau plus stable produit une trame qui se voit sur un grand écran et ne pourra pas concurrencer les systèmes plus modernes (Kodachrome, Agfacolor, Cibachrome).

Procédé couleur Paget

Il s'agit d'un système couleur qui utilise deux plaques de verre utilisées dos-à-dos: une plaque photographique normale et un réseau couleur.

La différence avec les procédés concurrents est que le réseau est indépendant du négatif.

Le réseau couleur est utilisé pour toutes les prises et est donc vendu séparément, c'est ce qui fait la différence avec le réseau de Dufay qui est associé pour toujours à la plaque ou au film.

Le négatif ressemble à un négatif monochrome classique, avec simplement un réseau apparent dans les parties fortement colorées de l'image.

Il est donc possible de développer le négatif sans tenir compte du réseau fragile et de tirer autant de négatifs qu'on veut (par contact, puisque le réseau doit être parfaitement rendu). Après le tirage on ajoute en superposition un réseau de couleurs (trame imprimée).

Les avantages sont que le développement est plus aisé et qu'il est possible de faire aussi bien des tirages sur papier que des plaque positives. Pour limiter la perte de sensibilité, on utilise un réseau relativement transparant lors de la prise de vue (qui laisse passer plus de lumière). Le procédé permet des émulsions 4X plus sensibles que le système autochrome. Pour la vue, on peut utiliser un réseau aux couleurs plus saturées.

Un inconvénient est que les couleurs sont moins bien définies, cela est causé par un défaut de placement de la trame de vision. Les pigments utilisés lors du tirage ne semblent pas très stables et de nombreuses photos ont perdu leurs teintes d'origine.

Le procédé Paget inventé en 1913 a surtout été utilisé dans l'entre deux guerres. Les rares photos couleur de le première guerre mondiale ont été réalisées avec ce procédé.

Dufaycolor

Le procédé Dufay est une amélioration des procédés Autochrome et Paget pour permettre de travailler avec du film. Il a été inventé en 1908 par Louis Dufay, mais le procédé n'a connu son envol qu'en 1926, quand les premiers films cinématographiques couleurs furent lancés. On utilise un filtre couleur sous forme d'un réseau coloré. Le système a surtout été utilisé pour les films cinéma couleurs avant la seconde guerre mondiale. Le procédé était relativement simple (en comparaison des films couleurs modernes) et le rendu des couleurs acceptable.

Le système Autochrome et Dufay utilisent un filtre additif, ce qui rend l'émulsion au moins 3× moins sensible qu'un film monochrome. Les capteurs modernes utilisent le même principe et "perdent" donc pas mal de sensibilité à cause du filtre de Bayer (qui ressemble fort au réseau de Dufay: comme quoi tout a déjà été inventé...)

Ce procédé permet de travailler avec des plaques et des films, alors que le procédé Paget qui utilise une trame séparée ne fonctionne qu'avec des plaques (dont les dimensions ne varient pas dans le temps). L'Autochrome qui utilise un filtre relativement fragile utilise également des plaques.

Photochrome

Il ne s'agit pas vraiment d'un procédé photographique couleur, mais d'un procédé d'impression (basé sur héliogravure).

La technique du photochrome est décrite plus en détail ici.

Développement couleur historique

Gomme bichromatée

Il est possible de faire des tirages couleur à partir de négatifs noir-et blanc (mais exposés à travers un filtre coloré, chaque négatif contenant l'information d'une des couleurs primaires tout comme le photochrome), voyez le procédé décrit sur la page du développement de la photographie. Comme les autres systèmes décrits sur cette page, ce système est en principe monochrome (il utilise la même chimie que le développement monochrome classique), ce n'est qu'à la fin qu'on ajoute la couleur.


Trame du système Paget


Réseau Dufaycolor

Thomsoncolor

Notons encore pour la petite histoire le système Thomsoncolor, qui se voulait une alternative française à l'hégémonie américaine (Technicolor). Le seul film utilisant le système Thomsoncolor était Jour de fête de Jacques Tati (1949). Sachant qu'il prenait un risque en utilisant un procédé inconnu, il a pris la peine d'utiliser une seconde caméra équipé de film noir et blanc. Heureusement, puisque le système Thomsoncolor se révèlera être un fiasco total. Plus tard, le film (noir et blanc) qui utilise à fond les jeux de couleur a été restauré en couleurs par la fille de Jacques Tati et par le cameraman de l'époque.

Les films diapo couleur modernes et films négatifs couleur.

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