Photographie » Film »  Formats amateurs

Le format 24 × 36 a toujours été vu par les professionels comme un format d'amateur. Seuls les reporters (et plus spécialement les journalistes sportifs) utilisaient ce format qui était maniable et permettait de prendre rapidement des photos (reflex). Dans les studios de photographie, on travaillait avec des moyens formats.

127

Le format 127 en rouleau permettait de faire des négatifs de taille 4 × 4cm, 4 × 6cm et 4 × 3cm (vertical). Il s'agissait d'un format amateur lancé en 1912 qui a été supplanté par les formats 126 (Instamatic) et 110 (Pocket Instamatic) plus faciles à utiliser.

135 - 24 × 36

Ce format est né en 1936 et est devenu au fil des années la “référence”, si bien que les capteurs numériques sont comparés à ce format. Les capteurs full size (comme sur le Canon 5D) ont le même format que celui d'un négatif 24×36, ce qui fait que les indications de focale ont le même résultat en pratique. Ce format sert de référence pour comparer les formats plus petits: Canon utilise un capteur 1.6× plus petit sur sa gamme amateur.

Ce format argentique était le plus courant, et était disponible en de nombreuses versions: couleur, noir-et-blanc, négatif et positif. Des films sensibles à l'infra-rouge ont même été développés. Le film est placé dans une cartouche, ce qui facilite la manipulation.

Ce format donne les meilleurs résultats sur les appareils de classe amateur grâce à la grande surface utilisée. Le film a une grande dynamique (latitude de pose importante) et le grain n'est pas visible sur des impressions 20×30cm (pour peu qu'on utilise du film standard à grains fins).

Passage au numérique: le format de capteur 24 × 36 est appellé “plein format” (full frame) en comparaison de la majorité des capteurs (qui sont plus petits). Notez qu'en argentique, ce format fait partie du groupe de petits formats!

135 “half frame”

Les années 60 ont connu une version “half frame” de ce film. Il s'agit en fait d'appareils photos utilisant la moitié de la pellicule. Olympus PEN a lancé ce format qui est devenu très populaire en Europe car il permettait d'utiliser des films courants dans des appareils plus petits. Et de plus, ils permettaient de faire le double de photos!

Ce format correspond en fait au format utilisé dans les cinémas (où on place les images horizontalement sur le film qui défile verticalement).

Aux Etats Unis, ce format n'a jamais pris pieds, car il concurrençait le format Instamatic et Pocket Instamatic. Les centrales de développement étaient pratiquement toutes liées à Kodak et ne pouvaient pas tirer d'épreuves (développer le film n'était pas un problème, puisque de la pellicule de format standard était utilisée).

126 - Instamatic

Le format 126 est apparu après la seconde guerre mondiale (1963). Ce sont les Golden Sixties et on recherche un système plus simple pour charger le film. Le format 126 et 110 utilise des cassettes qui ne nécessitent plus de manipulation du film. De cette manière, même les femmes pourront avoir leur appareil photo! Et cela continuera avec les formats suivant, qui sont tous destinés à un public féminin où la qualité de l'image a moins d'importance que les dimensions de l'appareil. Ma mère est passée par tous les formats: 126, 110 et même disc (selon l'appareil qui se trouvait dans la boite de poudre à lessiver), tandis que mon père en est resté à son premier appareil 24×36 (que j'ai d'ailleurs toujours!).

Ce format utilise la même pellicule que le format 135, mais avec des perforations d'un seul coté seulement. Les photos étaient carrées (négatif 28×28mm dont 26.5×26.5mm était utilisé lors du tirage). La qualité de la pellicule était donc très bonne, mais les appareils disposaient d'une optique bon marché. Ah! les célèbres Instamatic! Le but était de fabriquer le plus d'appareils possible (pour pouvoir vendre plus de films), la qualité du produit n'avait que peu d'importance. On voit maintenant un développement identique avec les imprimantes qui ne coûtent pratiquement plus rien, mais quand il faut remplacer les cartouche cela te coûte plus que de prix de l'imprimante.

Kodak a malgré tout fabriqué un reflex utilisant les cassettes Instamatic, mais l'appreil était fort cher en comparaison des appareils concurrents utilisant le format 24×36. De plus, la mesure de la lumière était effectuée par une cellule sur le boitier (il n'y avait pas de mesure de la lumière TTL). La mesure n'était précise que pour les optiques normales. Quelques autres fabricants ont également produit des appareils reflex utilisant ce type de pellicule, bien que le format de la cassette ne soit pas très favorable.

Le format Instamatic a été protégé par brevet, ce qui fait que d'autres fabricants ne pouvaient pas mettre sur le marché des appareils plus performants. Il y a très peu de fabricants qui ont produit des appareils de bonne qualité.

Le format carré apporte un avantage technique: un cône de lumière plus restreint qu'avec un format 135 (utilisation d'optiques plus petites) tout en gardant une surface sensible suffisamment grande pour de bonnes photos.

Notez la présence d'une bande noire qui est exposée lors de la fabrication du film et qui doit permettre un tirage automatique plus précis (les niveaux blanc et noir sont ainsi parfaitement définis).

110 - Pocket Instamatic

Le format 110 est un format qui a vu le jour en 1972 et utilise un tout petit bout de pellicule. Les photos sont généralement de qualité déplorable et ne pouvaient pas être tirées à un format plus grand que le 9×13cm. Ma mère a reçu plusieurs de ces appareils: chaque fois qu'elle prenait un abonnement pour "Le club du livre" (devenu plus tard le musiclub) ou pour une autre firme de vente par correspondance. Ma mère s'ennuyait pendant que mon père bossait dur.

Le Pocket Instamatic est une évolution à outrance du concept “You push the button, we do the rest” lancé par Kodak. Et en effet, à part le déclencheur, l'appareil n'avait qu'un levier pour faire avancer le film, et parfois un bouton soleil - couvert. Pas de mise au point, l'optique est grand-angulaire et la petite surface sensible donne une profondeur de champ suffisamment grande pour un usage ménager.

Tout comme le format 126, on n'utilise qu'une seule perforation par photo, ce qui permet un positionnement automatique lors du tirage. Encore un technicien de licencié!

Les formats Instamatics et Pocket Instamatic ont vu l'apparition des Flashcubes, de petits flash au magnésium avec 4 ampoules. L'avancement du film faisait tourner le flash pour la photo suivante. Le flashcube utilisait une pile pour allumer le flash (composé de fil de magnésium dans une athmosphère d'oxygène).

Le magicube qui lui ressemblait pouvait se passer de pile, l'allumage du flash était provoqué par la détente d'un ressort qui venait frapper une capsule de fulminate de mercure.

Contrairement au format 135, il n'existait pas de flash électronique pour le format 110.

Disc

Mais il est possible de faire encore plus mauvais: le format disc lancé en 1982 utilise un format de 8 × 11mm. De nouvelles émulsions photographiques étaient nécessaires pour éviter un grain trop apparent. Le tirage devait se faire avec des optiques de projection spéciales (brevetées par Kodak, évidemment). De nombreuses centrales de développement ont préféré utiliser des optiques standard avec une réduction de la résolution (déjà pas fameuse à l'origine).

Les négatifs étaient si petits, que la centrale de développement devait imprimer une feuille reprenant toutes les photos du disc (photo-index) pour pouvoir retrouver par après un négatif donné pour faire des copies.

Le nombre de prises de vues était limité, le développement et le tirage complexe et le disque était cher en comparaison de son concurrent le format 110. Le négatif était minuscule, il fallait une loupe pour retrouver un original si on avait perdu l'index. Ce format n'a jamais connu un grand succès et a été retiré du marché avant le 126 et le 110 qu'il était sensé remplacer.

Le format de film cinématographique amateur Super-8 avait un format d'image encore plus petit, notament 5,69 × 4,22mm. cela ne dérangeait pas trop à cause du mouvement, mais la réalisation de photos à partir de ces petites images ne donnait jamais de bons résultats.

240 - APS

Le format APS Advanced Photo System est apparu en 1996 alors que tout le monde savait que le numérique était prêt à investir le marché. Le format avait quelques avantanges, notament la possibilité de changer de pellicule en milieu de film (le film disposait d'une bande magnétique où étaient repris les paramètres de chaque photo).

Ce format n'a jamais pris chez les professionels, qui lui ont reproché le format trop petit, ni chez les amateurs qui n'étaient pas particulièrement à la recherche d'un format tout compte fait moins performant que leur bon vieux 24×36.

Passage au numérique: le nom de ce format a été repris pour les appareils reflex à taille de capteur réduite (1.5 à 2× plus petits). L'APS classique (APS-C) utilise une surface de film de 25.1×16.7mm, soit un facteur de 1.4.

Formats de films amateur


Les formats amateurs comparés aux moyens formats 6×6 et 6×9


Négatif format 135 (noir et blanc) 24 × 36mm


Format “half frame”


Négatif couleurs format 126 28 × 28mm


Négatif format 110 (couleurs) 13 × 17mm

Pages qui selon Google pourraient vous interesser