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Le format APS a été lancé par Kodak pour donner un nouvel élan à la photographie argentique. Ce format n'a jamais pris chez les professionels, qui lui ont reproché la taille de l'émulsion trop petite, ni chez les amateurs qui n'étaient pas particulièrement à la recherche d'un format tout compte fait moins performant que leur bon vieux 24×36.

Le format APS Advanced Photo System est apparu en 1996 alors que tout le monde savait que le numérique était prêt à investir le marché. Kodak qui avait déjà fait des recherches sur la photographie numérique savait que l'apparition du numérique signifierait la fin des bénéfices plantureux réalisés avec les émulsions. Il y avait une margé bénéficiaire importante sur les films et le développement, tandis que les marges sur les produits numériques étaient bien moindre. De plus, un client qui avait acheté un appareil numérique ne devait plus acheter et faire développer ses films. Pas étonnant que Kodak fasse faillite quelques années plus tard: si le mastodonte avait bien prévu l'émergence du numérique, il n'a pas su s'adapter à temps.

Kodak était le promoteur du format APS. les autres fabricants n'étaient pas vraiment chauds, ils savaient que de grandes nouveautés allaient apparaitre dans quelques années, mais ils devaient suivre le mouvement. Et Kodak savait bien qu'il ne pourrait pas lancer tout seul un nouveau format: si le format 126 a eu du succès, c'est grâce au chargement automatique du film, si le format 110 a eu du succès, c'est grâce aux petites cassettes. Le format disc par contre n'était pas vraiment un succès.

Kodak était principalement un fabricant d'appareils bon marché avec peu de réglages, fidèle à sa doctrine: "You push the button, we do the rest". Les autres fabricants ont donc également lancés des produits bon marché. Quelques fabricants ont lancés des reflex qui pouvaient utiliser les optiques de la marque, mais ces appareils étaient trop chers pour le public-cible, le photographe amateur. Et les photographes professionnels sont restés fidèles à leur format 135 bien établi.

Une des caractéristiques des films APS (ou 240) c'est la bande magnétique transparante sur toute la surface du film (de l'autre coté de l'émulsion). On n'a pas fait usage de cette possibilité, on a utilisé au mieux 2 des 10 pistes disponibles (les deux pistes extrèmes de chaque coté du film, là où aucune image n'était enregistrée). La bande magnétique était enregistrée par le fabricant (numéro de série du film, sensibilité, nombre de prises) et par l'appareil photo (paramètres de la photo et principalement la découpe à effectuer).

Les appareils de base n'avaient même pas la possibilité d'écrire la piste magnétique, se contantant d'un simple codage visuel per LED à l'extérieur de la pellicule pour indiquer le format C H ou P.

Le format avait quelques avantages, par exemple que l'émulsion restait toujours protégée par la cassette. Certains appareils permettaient de changer de film à mi-course (grâce au codage magnétique) pour réutiliser le reste de la pellicule plus tard. Mais très peu d'appareils ont utilisé cette possibilité.


APS-H


APS-C


APS-P

En rose la surface utilisée selon le format sélectionné
Quand le format a été mis sur le marché, les professionnels n'étaient pas interessés. Le format standard de la pellicule avait une surface de 16.7 × 30.2mm avec un rapport de 16:9 auquel les professionnels n'étaient pas habitués. La pellicule étant plus petite, la qualité des tirages était moins bonne.

C'était le début de la télévision à écran large (HDTV) et Kodak voulait semble-il absolument sauter sur ce train. Ils auraient mieux fait de sauter sur le train du numérique. Le format "H" est le format de base qui utilisait toute la surface disponible. Il était possible de commuter l'appareil au format classique 3:2-formaat APS-C, l'appareil utilisait alors une surface de 16.7 × 25,1mm. Le format APS-P produit une découpe panoramique.

Il est important de noter que l'appareil prenait chaque photo au format APS-H, mais indiquait sur la bande magnétique quelle découpe devait être effectuée lors du tirage. Il était possible de choisir plus tard une autre découpe.

Les utilisateurs n'étaient pas très avide des photos plus large que le format auquel ils étaient habitués. Au début c'était nouveau et tout le monde prenait des photos au format 16:9, mais les utilisateurs s'en sont vite lassé.

Par rapport au format 135, le format APS-C est 1.43× plus petit. Quand on parle d'un appreil photo numérique avec un capteur "APS-C", on veut en fait dire que la taille du capteur est plus petite que celle de la pellicule 24×36, mais aucun capteur n'utilise la taille exacte APS-C: la réduction de taille est de 1.6 pour canon, 1.5 pour Nikon et 2 pour Olympus.

Beaucoup de centrales de développement qui avaient déjà dû investir pour le format disc n'étaient pas vraiment enchantées d'avoir à traiter encore un nouveau format. La procédure de développement était la même (système C41), mais il y avait beaucoup d'étapes supplémentaires qui venaient s'ajouter pour un film APS. Ce n'était pas rare qu'un laboratoire de développement ne facture le double de prix pour un film APS ou Disc.

Il y avait des problèmes récurrents avec l'encodage magnétique, ce qui faisait que les clients recevaient des photos au mauvais format.

Et Kodak a oublié une chose: le film qui restait en permanence dans son boitier ne pouvait pas être projeté. Un marché malgré tout important était ainsi inaccessible. Le format APS a disparu du marché en moins de 10 ans: en 2011 Kodak déclare le format officiellement mort.

A droite un appareil APS de Kodak. C'était l'appareil le plus évolué de la gamme avec un viseur optique et numérique (écran à cristaux liquides). L'image dans le viseur numérique avait une résolution minimale, limitée par les possibilités techniques de l'époque: c'était plutot un gadget.

Notez la présence de l'unique tête magnétique. Les autres pistes n'étaient pas utilisées.

Advanced Photo System


Le format APS(-H) et APS-C
par rapport au 26×36

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