Meta-data images jpeg
Information présentes dans les photos
EXIF headers
Photographie » Technique » Les méta-données d'une photo (EXIF)
En plus de la photo, les fichier JPEG contiennent des données supplémentaires relatives à la photo: les balises (ou headers) EXIF (Exchangeable Image File Format). Les méta-données (ou meta-data) sont présentes dans pratiquement toutes les photos prises par un appareil photo et peuvent être lues par la plupart des programmes de traitement d'image récents.
Attention si tu utilises un ancien programme (d'avant 2003): il est possible qu'il efface ces données qui sont incompréhensibles pour lui.

Informations présentes

Voici quelques unes des données enregistrées en même temps que la photo. La plupart de ces paramètres ne sont d'aucune utilité pour l'utilisateur, mais certaines méritent notre attention.

  • Exposure time: 1/250 seconde, c'est le temps de pose de la photo, qui détermine avec l'ouverture la quantité de lumière que le capteur a reçu.
  • F-number: 5, ouverture (diaphragme). Une ouverture moeyenne a été choisie
  • Exposure program: normal ("P" sur l'appareil photo). Il s'agit d'un mode automatique où l'appareil photo choisi lui-même le temps d'exposition et l'ouverture en se basant sur la lumière ambiante et la position du zoom (en cas de fonction télé, un temps d'obturation plus rapide sera choisi pour éviter le bougé).
  • ISO speed rating: 64, sensibilité du capteur, réglé ici à la valeur la plus faible possible, car le capteur Sony produit un bruit de fond important, même avec une valeur d'ISO moeyenne.
  • Focal length 51 mm, c'est la distance focale de l'objectif. Comme le capteur est 4× plus petit que celui d'un reflex classique, il faut multiplier la distance focale par 4.

Meta-data bij foto

Voici les paramètres d'un reflex Canon utilisé avec une optique Canon EF 100mm ƒ/2.8 MACRO USM. La photo correspondante se trouve plus bas.

  • Exposure time: 1/1000 seconde: il y avait beaucoup de lumière ambiante, et un temps de pose réduit garanti que la photo n'aura pas de bougé.
  • F-number: 2.8, c'est l'ouverture maximale de l'optique. En fait, il aurait mieux fallu utiliser un diaphragme plus petit pour avoir une profondeur de champs plus importante (un diaphragme de ƒ/8 aurait fait l'affaire).
  • Exposure program: aperture priority ("A" sur l'appareil). Je choisi le diaphragme et l'appareil compense en modifiant le temps de pose. Avec un diaphragme de ƒ/8, le temps de pose aurait été de 1/125, ce qui est trop long pour cette photo.
  • ISO speed rating: 100, la sensibilité du capteur. Avec une valeur de 400, j'aurais pu utiliser un temps de pose de 1/500 (toujours avec le diaphragme de ƒ/8). Ce reflex Canon ne produit aucun bruit de fond notable à cette valeur, alors que c'est la valeur maximale de nombreux appareils compacts.
  • Focal length: la focale est de 100mm, ce qui est van de soi car l'optique utilisée a une focale fixe.
Et voici la photo. Il faisait beau et je suis sorti sans régler l'appareil photo. C'est en analysant la photo par après (en notant ses défauts) et en vérifiant les méta-données qu'on apprend à faire de bonnes photos.

Utilisation pratique des balises EXIF


Image d'origine


Correction software

Une fonction très utile est la correction automatique des défauts de l'optique. Chaque optique produit des déformations caractéristiques qui peuvent être réduites: vignettage, aberrations chromatiques, distortion en barillet ou en croissant. Il existe des programmes qui corrigent automatiquement ces erreurs (DXO est le plus connu). Cette correction s'effectue de manière transparente (sans que l'utilisateur le remarque) pendant le transfer de la photo de l'appareil de prise de vue à l'ordinateur.

Il est important que cette correction se fasse sur la photo brute, donc avant qu'elle n'ait passé par des programmes comme Photoshop. L'amélioration de la photo est nettement visible, mais certaines déformations ne peuvent pas être corrigées (défaut de netteté, bougé, sur-exposition, sujet qui a les yeux fermés,...)

Le format EXIF est un format ouvert, c'est à dire qu'il est accessible à tous. Il est donc possible d'ajouter des données GPS à la photo (l'endroit exact à quelques mètres près où la photo a été prise) et même un texte libre.

Les balises EXIF sont aussi importantes si tu désires controler quel choix a été le bon lors de la prise de plusieurs photos. Par exemple la photographie d'une rivière: il est possible d'utiliser un temps de pose court ou long avec un résultat totalement différent. Avec un temps de pose court, l'eau semble figée dans son mouvement, elle semble gelée. Le moment où la photo est prise est aussi important, par exemple lors d'un coucher de soleil: soit il y a trop de lumière et l'image est sur-exposée (l'appareil photo est sensible aux rayons infra-rouges), soit il ne reste plus qu'une dominante rouge.

Une dernière fonction souvent utilisée par les agences qui recherchent de nouveaux modèles. Il est souvent demandé aux modèles d'envoyer une photo récente. Mais l'est-elle vraiment? Il est possible de découvrir la date de production d'une photo en analysant les balises EXIF. Il existe même un plug-in pour Firefox qui permet d'obtenir la date d'une photo publiée sur le net avec un clic droit.

Film autographique

Mais les données enregistrées sur le cliché même existaient déjà pendant la première guerre mondiale! A cet époque, on utilisait principalement du film en rouleaux (par exemple le format 120 qui existe encore maintenant). Ce format se compose d'un film et d'un papier intercalaire collé au film (backing paper). Le film autographique utilise un papier spécial sensible à la pression.

L'appareil photo est équipé d'une trappe qui laisse entrevoir le papier. Il est possible de faire de courtes annotations sur le papier avec un stylo à pointe métallique. Le papier laisse passer la lumière là où il a été écrasé. On expose alors le film avec la trappe ouverte pendant quelques secondes en plein soleil.

Après le développement, on avait donc les négatifs, avec entre eux les textes ajoutés. ce système ne sera plus utilisé dès que les émulsions deviendront plus sensibles (juste avant la seconde guerre mondiale). La trappe qui ne fermait pas toujours hermétiquement laissait des trainées sur le film.

Plus tard, bien plus tard, un système similaire sera utilisé sur les appareils haut de gamme où une barre de leds expose une partie du film et permet différentes annotations (databack). Ce sera juste avant l'apparition de l'APS qui, avec sa bande magnétique incorporée, permet des annotations automatiques.

Comme quoi, tout a déjà été inventé, et bien plus tôt que tu ne le penses!